TENDINITE DE L’ÉPAULE

Dr SPORT vous propose une prise en charge en deux temps avec dans la revue suivante, une mise au point sur les traitements médicaux de cette pathologie. Le second article (à découvrir en novembre) vous proposera un programme de reprise préparé par un coach.

tendinopathie coiffe des rotateurs-explications 2

La tendinite de l’épaule est la plus fréquente des tendinites. Elle atteint la coiffe des rotateurs très souvent en conflit avec la voute acromiale. L’amplitude des mouvements et leur répétition (overuse syndrome) favorise cette pathologie.
Le diagnostic est clinique, aidé par la radiographie, l’échographie voire l’IRM.
Le traitement associe :

  • le repos, qui se résume dans le milieu sportif à observer la règle de la non douleur pendant plusieurs semaines (ne pas reproduire les gestes douloureux)
  • le traitement anti-inflammatoire par voie locale (en respectant les allergies et le risque de photosensibilisation) ou par voie générale (comprimés ou gélules, en tenant compte du risque pour l’estomac et des associations médicamenteuses dangereuses).
  • la mésothérapie qui permet d’injecter localement à l’aide d’une aiguille à usage unique et par multipuncture un anti inflammatoire non stéroïdien.
  • les infiltrations de corticoïdes dans l’espace sous acromial avec ou sans contrôle échographique avec des règles d’asepsie stricte et en respectant les contre-indications (diabète, infection)
  • la rééducation est toujours de mise
  • les ondes de choc radiales qui permettent de fragiliser une calcification, d’écraser les filets nerveux qui véhiculent la douleur et de provoquer une hyper vascularisation locale pour améliorer la cicatrisation. Elles sont contre indiquées chez les patients porteur d’un pacemaker.
  • les injections d’acide hyaluronique. Les qualités viscoélastiques de l’acide hyaluronique permettent d’aider le tendon à mieux coulisser dans la gaine qui l’entoure et diminue l’adhérence aux structures voisines. Cela permet une diminution des douleurs et une augmentation de la mobilité du tendon. Il faut généralement 2 injections à 1 semaine d’intervalle. L’injection se fait dans la gaine du tendon ou dans le péri-tendon avec toutes les précautions d’asepsie nécessaires.
  • les injections de PRP (plasma riche en plaquettes ou concentré plaquettaire). Elles consistent en le prélèvement de 15mL de sang au patient puis d’en séparer les plaquettes et le plasma des autres composants et à réinjecter 4mL de concentré plaquettaire. Cela favorise la cicatrisation locale. L’augmentation de la concentration en plaquettes avant l’injection permet également d’obtenir plus de facteurs de croissance. 1 ou 2 injections peuvent être nécessaires en regard du tendon lésé, parfois sous guidage échographique, sans anesthésie locale. Les anti-inflammatoires sont proscrits 1 semaine avant l’injection et 2 semaines après. Un repos sportif de quelques semaines, voire une immobilisation de l’épaule, est nécessaire, toujours suivie de rééducation. Les contre-indications sont principalement l’existence d’une maladie hématologique. Cette technique n’est pour l’instant pas remboursée, elle apporte une amélioration selon les équipes dans 30 à 70% des cas.
  • le traitement chirurgical, comme toujours en cas d’échec du traitement médical, lorsque tous les autres traitements ont été tentés. L’intervention se fait sous anesthésie locorégionale et consiste en un peignage du tendon : c’est à dire réaliser découper le tendon en bandelettes qui seront mieux vascularisées et auront plus de chances de cicatriser. Le résultat est obtenu en 4 semaines et nécessite un repos sportif de 3-4 mois. La chirurgie est toujours suivie de rééducation.

Enfin, il ne faut pas négliger la prévention dont les grandes règles sont bien connues : lutte contre le surpoids, bonne hydratation, bonne hygiène bucco-dentaire, échauffement avant et étirements après l’entrainement, équipement approprié, adapter l’effort, diminuer les viandes rouges et l’alcool, respecter la fatigue et s’arrêter à la moindre douleur.

Dr Thierry Weizman, membre du comité scientifique Dr Sport