PUBALGIES – DOULEURS DU COCCYX

A. Pubalgies

Précisons que nous traitons ici des douleurs de la Symphyse Pubienne. On parle souvent à tort de pubalgies pour des douleurs de l’aine, qui sont en général dues à des contractures de muscles toniques de la Hanche : m. Pectiné quand elles sont antérieures, m. Gracile quand elles sont antéro-médiales, ou faisceau Ischio-condylien du m. Grand Adducteur quand elles sont franchement médiales au niveau de la cuisse (donc non pubiennes). Dans ces cas il suffira de traiter les muscles concernés.

Nous traiterons donc ici des Pubalgies vraies, c’est-à-dire ressenties au niveau de la symphyse pubienne. Comme toujours, en cas de douleurs de l’appareil locomoteur, il faut chercher le muscle tonique à l’origine de celle-ci, et non la structure de l’articulation, qui ne peut pas en être la cause. Nous pouvons d’emblée éliminer les muscles Adducteurs comme cause, puisqu’ils sont dynamiques (voir le chapitre sur la hanche).

La symphyse pubienne est une articulation, avec très peu de mobilité, certes, mais celle-ci est pourtant indispensable. En effet lorsqu’un pied n’est pas porteur, lors de la marche, la branche
pubienne de son côté descend légèrement par rapport à l’autre branche, sous l’effet du poids de la jambe : il y a donc un léger cisaillement vertical au niveau de la symphyse pubienne, de l’ordre de quelques millimètres (figure 1), qui évite de faire du bassin une structure trop rigide, donc fragile en cas de choc : trauma ou réception brutale lors d’un saut par exemple, ou même lors d’une impulsion brutale lors d’une course.

Entre les deux branches pubiennes, dont les extrémités sont recouvertes de cartilage, se trouve le disque interpubien, un fibrocartilage élastique et déformable, enveloppé par un solide manchon fibreux. Ceci est renforcé par le ligament Transverse du périnée et deux ligaments Pubiens, inférieur et antérieur, également orientés transversalement.

Cependant ce système ne peut pas suffire pour à la fois maintenir la cohésion de la symphyse pubienne et permettre ses petits mouvements.

D’une part il faut un muscle qui freine le cisaillement vertical en contraction excentrique (sinon le cisaillement serait brutal à chaque pas), et rétablisse la position normale en contraction concentrique. C’est le muscle Pyramidal (qui d’ailleurs autrement ne servirait à rien…) qui s’insère en haut sur la Ligne Blanche, son point fixe, et en bas sur chacune des 2 branches pubiennes.

cisaillement vertical de la Symphyse Pubienne lors de la marche

D’autre part il faut une structure qui, tout en permettant les mouvements de cisaillement, maintienne la cohésion de la symphyse, contre le poids du corps qui, transmis du rachis aux 2 membres inférieurs, est comme un triangle dont les bases tendent à s’écarter sous l’effet du poids arrivant à son sommet, ce qui tend à écarter les branches pubiennes (figure 2).

Le poids du corps tend à écarter les branches pubiennes

Un ligament sera soit trop tendu pour permettre le cisaillement, soit trop lâche pour maintenir la cohésion de la symphyse : il faut une structure qui s’adapte, ce qui ne peut être là encore qu’un muscle tonique. C’est le m. Transverse Profond du Périnée, muscle d’orientation transversale, plus superficiel que l’Elévateur de l’Anus (anc. Releveur de l’Anus), qu’il double à sa moitié antérieure, reliant ainsi les deux branches pubiennes, et s’opposant à leur écartement tout en permettant le cisaillement vertical (figure 3).

princiapaux muscles et ligaments du périnée

Qu’est-ce donc qui cause les pubalgies ?

Les théories habituelles ne sont pas très convaincantes, et elles ne débouchent que sur des traitements par des médicaments antalgiques, qui bien évidemment ne peuvent pas traiter la cause. On va même jusqu’à proposer de la chirurgie… Citons les ‘faiblesses des m. Obliques de l’abdomen’ (qui tendent plutôt à écarter les branches pubiennes, et sauf paralysies il n’existe pas de faiblesses musculaires, seulement des hypertonies, les contractures ; ‘tendinite des adducteurs’, muscles dynamiques (donc jamais contracturés) qui prennent appui sur les branches pubiennes pour leur action de flexion de hanche mais n’ont aucun effet sur elles, pas plus que la flexion du coude ne tire l’humérus en avant ; enfin une arthrose ou une ostéo-arthrite d’origine mystérieuse, et dont le mécanisme algogène supposé est tout aussi mystérieux.

Nous partirons donc d’un autre point de vue : les douleurs sont dues à des contractures de muscles qui contrôlent la symphyse pubienne. Leur étirement brusque, même de faible amplitude, lors de l’activité sportive (football surtout, mais aussi tennis ou potentiellement toute activité sportive, y compris la danse) n’est que le facteur déclenchant d’une hypertonie latente, compensant des contractures primaires situées au cou ou aux chevilles.

Ici les muscles concernés sont le Transverse profond et le Pyramidal. Et comme il ne s’agit que de compensations, le simple traitement des contractures primaires par Myothérapie suffit à régler le problème dans la majorité des cas : dans une étude faite par 2 médecins sur 22 hommes âgés de 14 (!) à 39 ans souffrant de pubalgies ce traitement a permis en 5,5 séances de moyenne 16 guérisons (73%) les 6 autres patients étant notablement améliorés (27%).

à suivre