DOULEURS DU COUDE (1/2)

Réputées difficiles et longues à traiter, les douleurs du coude portent différents noms selon qu’elles sont latérales (externes) : épicondylites, épicondylalgies, tennis elbow ; ou médiales (internes) : épitrochléïtes, épicondylites médiales, golfer’s elbow.
50% des joueurs de tennis souffrent de douleurs du coude, mais aussi 7% des ouvriers et 1 à 3% de tout le reste de la population, qui représente 1/3 de l’ensemble des cas. 5% des adultes souffrant d’épicondylite auront besoin d’un arrêt de travail, pour une durée de 29 jours en moyenne !
Les douleurs du coude abordées selon la médecine et la kinésithérapie classiques durent de 6 mois à 3 ans…
Ces maladies sont habituellement difficiles à traiter parce que la médecine classique, qui considère qu’il s’agit de ‘tendinites’ et décrit des phénomènes inflammatoires locaux, n’en comprend pas vraiment la cause. Cependant si on les aborde du point de vue de la contracture musculaire, en n’oubliant pas que celle-ci compense des contractures de muscles du cou, tout devient beaucoup plus simple.

1. Point de vue classique

Pour une fois la médecine classique considère qu’il s’agit de douleurs d’origine musculaire. Malheureusement elle met l’accent sur l’inflammation, ignorant la contracture. Or l’inflammation n’est pas une cause, mais une réaction du corps à la cause. Pour certains auteurs il n’y aurait au contraire pas d’inflammation, mais des microlésions des tendons. Encore faudrait-il comprendre la cause de celles-ci. Car une souffrance d’un tendon est toujours secondaire à une traction trop forte et permanente du chef musculaire contracturé.

Le point de vue classique est donc qu’il s’agirait de micro-déchirures à l’intérieur du tendon, provoquant ou non une réaction inflammatoire (donc souvent absente). Ces déchirures seraient dues à des gestes répétitifs, au cours d’activités sportives ou professionnelles, ou autres (jardinage, etc.). Il faudrait cependant une très forte contraction contre une résistance inattendue pour envisager de déchirer un tendon. Et il faudrait ensuite une contraction permanente pour entretenir de façon chronique cette déchirure, qui autrement cicatriserait sans problème : bref, il faut une contracture du muscle concerné – qui suffit en pratique à générer et à entretenir la pathologie.

Officiellement il s’agirait, pour les épicondylites, du tendon commun au Court Extenseur du Carpe et à l’Extenseur des Doigts. Pour les épitrochléïtes, beaucoup moins fréquentes, ce serait le Long Palmaire (anciennement : Petit Palmaire). Il nous semble que cette liste à la fois trop restrictive et incomplète: d’autres muscles peuvent être impliqués, tels que l’Anconé et le Brachio-Radial. Inversement l’Extenseur des doigts n’est pas concerné.

Les douleurs du coude progressent de 20% chaque année en fréquence dans les cadres des maladies professionnelles (TMS). Ceci concernerait les travailleurs à la chaîne, mais aussi les plombiers, les peintres en bâtiment, les charpentiers, et les jardiniers. L’arrêt de travail qui s’ensuit est de 2 mois en moyenne.

Les sportifs les plus touchés sont les joueurs de tennis non professionnels (ce seraient les erreurs des joueurs amateurs qui seraient en cause : on ne voit en effet guère de joueurs à Rolland Garros ou à Wimbledon avec des straps au coude…), les joueurs de volley, les golfeurs, les rameurs, etc. Les bricoleurs sont également concernés.

Le “surmenage” des muscles concernés, souvent évoqué comme cause, paraît discutable comme étiologie, et pourrait plutôt n’être qu’un facteur déclenchant ou aggravant, dans la mesure où les
douleurs du coude se rencontrent aussi bien chez des personnes dont on pourrait effectivement considérer qu’elles ‘surmènent’ les structures du coude (sportifs ou travailleurs manuels ou à la chaîne par exemple) que, dans 1/3 des cas, chez d’autres catégories de la population. Et après tout, l’articulation du coude est faite pour bouger, sans qu’une notion d’usage excessif soit sérieusement envisageable et encore moins prouvée… Ne parlons même pas de la notion farfelue d’usure du coude…

De notre point de vue, la répétition des gestes, forcés ou non, peut certes être un facteur déclenchant ou aggravant, mais pas une cause. Celle-ci est une contracture musculaire locale, qui compense toujours des contractures post-traumatiques plus anciennes situées au niveau du cou. Ce qui permet d’affirmer ceci, c’est qu’un traitement local est souvent superflu, si on traite par Myothérapie les contractures cervicales primaires : en traitant ces dernières seules, la douleur du coude disparaît souvent rapidement. Au besoin un traitement local accélérera le processus. Cela va en général si vite par Myothérapie que le tendon n’aurait pas le temps de cicatriser ses hypothétiques microlésions en si peu de temps.

La douleur est donc bien plus probablement due à la contracture seule, et plutôt qu’au tendon, au périoste sur lequel celui-ci s’insère, et sur lequel le muscle contracturé tire en permanence.

Diagnostic

Les douleurs se situent à la face externe du coude (épicondylite, ou épicondylalgie) ou à la face interne (épitrochléïte, ou épicondylite médiale). Elles peuvent irradier à l’avant-bras et au poignet. La radiographie n’apporte rien de plus : dans 20% des cas seulement on trouve une calcification à type d’exostose (surtout dans les épicondylites) – comme d’habitude conséquence du processus et non cause.

La douleur peut être aggravée ou déclenchée par des mouvements du poignet : en effet beaucoup de muscles du coude traversent aussi le poignet sur lequel ils agissent, et une contraction augmente le tonus musculaire, donc aggrave momentanément la contracture et ses symptômes.

La contracture locale peut faire suite à un choc, des mouvements répétitifs, des mouvements brusques contre résistance (comme par exemple au tennis ou au golf), mais elle n’est jamais primaire : elle compense toujours une contracture post-traumatique plus ancienne du cou ou des chevilles.

Traitement

Le traitement classique est … classique : repos de l’articulation, anti-inflammatoires, rééducation, bracelet de contention, éventuellement infiltration – qui peut de façon inconstante soulager à court terme, plus par son effet antalgique qu’anti-inflammatoire, puisqu’en général il n’y a pas d’inflammation, mais peut cependant provoquer une atrophie tendineuse, et ne change rien à moyen et long terme. Les attelles seraient même contre-productives.

L’évolution peut s’avérer longue, entre 9 et 24 mois avec une moyenne de 12 mois ! (Un tiers à la moitié des joueurs de tennis seraient concernés, et pour eux la durée d’évolution est estimée à 2 ans ½…).

On n’envisagera la chirurgie qu’en dernier recours, après 6 mois à un an de traitement médical inefficace. Elle permettrait une guérison, ou au moins une amélioration, dans 85% des cas… en 4 mois de plus).

2. Point de vue de la Myothérapie

De notre point de vue la douleur, inflammatoire ou non, est donc due au stress mécanique de la traction excessive sur le périoste par un muscle contracturé. S’il y a inflammation, elle n’est qu’une réaction au stress mécanique constitué par la contracture.

Il s’agit donc d’enthésopathies, c’est-à-dire de douleurs du périoste au niveau de l’insertion d’un muscle contracturé, qui tire trop fort et en permanence sur ce tissu. Le chef musculaire lui-même est souvent douloureux également.

Et comme toujours ces hypertonies locales ne sont que des compensations de contractures posttraumatiques plus anciennes, situées au niveau du cou ou des chevilles. On sait d’ailleurs que 70% des personnes qui ont mal au coude ont également des douleurs cervicales. Cependant il faut garder deux choses à l’esprit : d’une part ces contractures primaires peuvent rester asymptomatiques, leur hypertonie restant sous le seuil de manifestation, et ce d’autant plus qu’elles sont bien compensées par les contractures des muscles du coude ; d’autre part la contracture primaire peut se situer aux chevilles, ce qui peut d’ailleurs également provoquer des douleurs cervicales, mais cette fois de compensation.

La plupart des douleurs du coude sont latérales (externes) : les épitrochléïtes ne représentent que 20% des douleurs du coude. Elles sont dues à la contracture du m. Long Palmaire (fig.1).

 

Les Epicondylites quant à elles peuvent être causées par 3 muscles toniques différents : le m. Court Extenseur Radial du Carpe (anc.: Court Radial), le Brachio-Radial (anc.: Long Supinateur) et/ou l’Anconé (figure 1).

à suivre...