DOULEURS DE LA HANCHE

La croyance que les douleurs ressenties au niveau de la hanche sont dues à l’arthrose, ou à la polyarthrite, aboutit à un coût élevé en souffrance inutile, en dépenses en antalgiques, avec leurs effets secondaires, et en chirurgie. (On comptait 150.000 prothèses totales de hanche (PTH) par an en 2011 en France, pas toujours efficaces – et de nombreuses personnes ont eu plusieurs arthroplasties consécutives à la même hanche… Rappelons que la chirurgie n’est jamais sans risque d’échecs ou de complications.)

Comme c’est le cas pour les autres articulations, une douleur de la hanche ne peut en fait être due qu’à des contractures de muscles toniques qui traversent la hanche. Si nous voulons comprendre le mécanisme des coxalgies, nous devons donc d’abord comprendre la physiologie des muscles gouvernant cette articulation, et ainsi comprendre quels muscles sont dynamiques (qui créent les mouvements, mais ne peuvent pas être contracturés) et lesquels sont toniques (qui maintiennent les positions, et qui peuvent être contracturés, donc être source de douleurs chroniques).

(Pour ce qui est des résultats positifs des arthroplasties de hanche, nous avons signalé à propos de la chirurgie du genou le rôle primordial des effets de l’anesthésie sur les contractures en chirurgie orthopédique.)

1. Physiologie de la marche et de la course

Quand nous marchons ou courons nous devons fléchir la hanche rapidement. Ceci ne peut pas être effectué par le m. Iliopsoas (anc.: Psoas-Iliaque) qui se réfléchit au niveau de la branche pubienne (figure 1), formant un angle incompatible avec un mouvement rapide, mais parfait comme point d’appui pour maintenir une position. Ce muscle maintient donc l’antéversion du bassin quand le pied est porteur, et la flexion de la hanche quand il ne l’est pas.

Si donc l’Iliopsoas ne crée pas la flexion de la hanche, quel muscle ou groupe musculaire effectue cette action ? Le m. Droit Fémoral ne peut pas le faire, car il s’insère sur l’articulation elle-même et n’a donc aucun bras de levier.

Il faut garder à l’esprit qu’un muscle se développe en force et donc en volume en fonction du travail qui lui est demandé de façon habituelle. Plus un muscle est utilisé, plus son volume est
important. Plus son action habituelle demande de la force, plus son volume est important. Or chaque membre inférieur représente presqu’un quart du poids du corps. Fléchir la hanche demande donc de gros muscles, forts donc volumineux – d’autant que ce mouvement doit être rapide.

Or à la face antérieure de la cuisse il n’y a que deux groupes musculaires importants : le Quadriceps et les Adducteurs. Comme le premier ne traverse pas la hanche, il ne reste que les Adducteurs, plutôt mal nommés d’ailleurs. Car si leur contraction provoque bien une adduction au niveau de la hanche (qui sert surtout à changer de direction lors de la marche, ce qui ne justifie pas un tel volume musculaire), elle est associée à une rotation externe (comme la plupart des muscles de la hanche), et surtout à une flexion.

Les deux premières composantes sont annulées par la contraction synergique du m. Petit Fessier, tonique, qui maintient une rotation interne et une abduction. Ne reste alors que la flexion, qui quant à elle justifie bien le volume de ces muscles, qui prennent appui sur la branche pubienne (figure 1). Les muscles Adducteurs sont donc les muscles dynamiques qui créent la flexion de la hanche, et ce jusqu’à 60°, ce qui convient à la marche et à la course, flexion qui peut être maintenue et stabilisée par les m. toniques Iliopsoas et Pectiné. Lesquels peuvent donc être responsables de douleurs de la hanche, contrairement aux mm. Adducteurs

Remarquons au passage que dans les livres d’anatomie les représentations habituelles de face des mm. Iliopsoas et Adducteurs ne permettent pas bien de se rendre compte de leurs fonctions.

à suivre...