DOULEURS DE LA HANCHE

Une flexion de la hanche à 60° est suffisante pour la marche et la course. Ce n’est que si on veut escalader quelque chose (ou faire de l’escalade) qu’il faut fléchir plus, ce qu’alors l’Iliopsoas peut faire, puisqu’au-delà de 60° il n’y a plus d’angle de réflexion au niveau de la branche pubienne, et qu’un muscle tonique peut réaliser une action relativement lente et en force.

Pour tout mouvement créé par un muscle dynamique, il faut un muscle tonique synergique pour maintenir et stabiliser la position atteinte, même si celle-ci ne doit être maintenue que brièvement. Ainsi la flexion de la hanche créée par les muscles Sartorius (anc.: Couturier) et Adducteurs, dynamiques, sera maintenue par le Psoas-Iliaque et le m. Pectiné, toniques. Nous retrouvons là les muscles les plus fréquemment en cause dans les douleurs de hanche.

Cependant les autres muscles toniques qui traversent la hanche peuvent aussi créer des douleurs au niveau de cette articulation. Nous avons déjà mentionné le Petit Fessier, voyons les autres.

1. Le 2 muscles Grands Fessiers 

Il est important d’observer que le muscle Grand Fessier est en fait constitué de deux parties bien distinctes au niveau de l’anatomie et des fonctions. Il est étonnant que l’on en ait fait un seul muscle, malgré des insertions bien différentes.

Nous observerons donc qu’il y a une partie inférieure et profonde d’une part, et une partie supérieure et superficielle d’autre part, et que l’orientation des fibres (donc l’action) de ces deux parties est bien différente, quasiment perpendiculaire, le premier étant d’orientation sagittale, alors que le second est transversal (figure 2).

Schéma des deux parties du m. Grand Fessier

Les insertions du Grand Fessier Inférieur sont d’un côté la partie latérale du Coccyx et de la moitié inférieure du Sacrum, et de l’autre la partie postéro-supérieure du Fémur. L’action du muscle est sagittale, il maintient la rétroversion du bassin, contrôle son antéversion quand on se penche en avant, et le ramène en position neutre quand on se redresse (en synergie avec les muscles Ischio-Jambiers). Ce sont des positions ou des mouvements lents et en force, il s’agit donc d’un muscle tonique. Les deux côtés agissent en synergie.

Les insertions proximales du Grand Fessier Supérieur sont la partie postérieure de la crête iliaque et la partie supéro-latérale du sacrum, l’insertion distale se faisant sur la bandelette de Maissiat ou Tractus Iliotibial, plus connu sous le nom de Fascia Lata. Ce renforcement de l’aponévrose latérale de la cuisse qui s’insère latéralement sur la tubérosité tibiale lui sert de tendon, ainsi qu’au muscle Tenseur du Fascia Lata. Ces deux muscles avec ce tendon commun forment ce qu’on appelle le Deltoïde Fessier. L’action du Grand Fessier Supérieur – et du Tenseur du Fascia Lata – est donc transversale : en prenant appui sur le Tibia ils maintiennent, en synergie, l’horizontalité du bassin quand le pied du côté opposé n’est pas porteur. C’est donc une action tonique sollicitée lors de la marche en alternance avec le côté opposé. L’antagoniste tonique qui limite cette action est le m. Gracile (anc.: Droit Interne) homolatéral. Sa contracture éventuelle se manifeste par une douleur sur son trajet, abusivement appelée douleur ‘des Adducteurs’.

2. Traitement de la douleur de la Hanche

Comme nous l’avons mentionné, tout muscle tonique traversant la hanche peut être responsable de douleur ressentie au niveau de cette articulation. La douleur est ressentie au niveau du muscle : par exemple une douleur ressentie dans l’aine est due au m. Pectiné, une douleur latérale au m. Petit Fessier, etc. Seul le m. Psoas-Iliaque peut se manifester par une douleur non spécifiquement localisée.

Il suffit donc de normaliser les contractures des muscles concernés, au moyen de la BrachyMyothérapie, pour guérir les douleurs de hanche.

Cependant il faudra garder à l’esprit que comme pour toutes les douleurs articulaires ces contractures compensent des contractures primaires situées au niveau du cou ou des chevilles, qu’il faudra toujours traiter, un traitement local n’étant alors pas forcément nécessaire. Inversement un traitement local seul n’aura pas traité la cause première, exposant le patient à une rechute plus ou moins rapide.

Pour vérifier ceci 9 médecins (dont un Rhumatologue et un spécialiste en Rééducation) ont dans le années 1990 traité 36 patients non sélectionnés souffrant de douleurs de hanche (22 femmes et 14 hommes, âgés de 28 à 88 ans).

En 2 à 12 séances (moyenne 4,5) les résultats furent les suivants : 25 patient ne ressentaient plus aucune douleur (70%), avec au moins 2 mois de recul, 7 se sentaient améliorés de façon significative (19%), il y eut 4 échecs (11%).

Diagramme du traitement de la douleur de hanche par Myothérapie