Douleurs cervicales par Myothérapie 1/4

Les muscles représentent près de la moitié de la masse du corps humain ! Pourtant ils sont les grands oubliés de la médecine moderne, qui néglige totalement leur rôle dans les douleurs de l’appareil locomoteur.
Sans muscles, pas de station debout possible, pas de maintien de positions, et pas de mouvements. Et comme tout ce qui constitue notre corps, les muscles peuvent être malades, leur comportement peut être faussé. Peut-on raisonnablement se permettre de faire l’impasse sur la moitié du corps ?

Fonctions des muscles

Les muscles squelettiques, qui traversent les articulations et les font bouger, ont en fait quatre rôles

  • Ils créent les mouvements
  • Ils maintiennent les positions et les postures
  • Ils maintiennent la cohésion de l’articulation (coaptation)
  • Ils protègent l’articulation en cas de choc

La première fonction, la genèse du mouvement, est celle à laquelle on pense d’emblée quand on parle de muscles. Mais la seconde est tout aussi importante : en maintenant les positions articulaires, seuls les muscles nous permettent de nous tenir debout, ou de porter des objets, etc.

La seule différence est que la première fonction ne demande qu’une contraction brève, la seconde une contraction continue, durable. Nous verrons que cela n’implique donc pas les mêmes muscles.

La 3e fonction découle en quelque sorte de la seconde. Seule la contraction musculaire maintient la cohésion de l’articulation, quelle que soit la position de celle-ci : les ligaments sont par définition suffisamment relâchés pour permettre les mouvements, qu’ils empêcheraient sinon, et ils ne servent en général que de garde-fous en position articulaire extrême : leur rôle semble être surtout d’indiquer au système nerveux la position de l’articulation, grâce aux mécanorécepteurs dont ils sont pourvus.

Et, 4e fonction, ce sont les muscles qui, par leur contraction réflexe, protègent l’articulation de la dislocation en cas de choc ou de mouvement déséquilibré. Pour comprendre ceci il nous faut rapidement envisager le fonctionnement réflexe de base du muscle squelettique. Car c’est cette 4e fonction, si elle est trop brusquement sollicitée, qui peut être à l’origine de contractures, donc de douleurs articulaires, aiguës ou chroniques.

Le Réflexe Myotatique

C’est le principal réflexe auquel est soumis tout muscle : quand il est étiré, il se contracte. Et plus il est étiré rapidement ou amplement, plus fortement il se contracte. C’est entre-autres ce Réflexe Myotatique qui permet de maintenir des positions : dès que la pesanteur tend à les modifier, le muscle se contracte proportionnellement à la force de ce qui l’étire, en général la pesanteur, pour maintenir la position.

Comment ceci se produit-il ? Dans le muscle, disséminé parmi les fibres qui permettent la contraction musculaire, se trouvent des fibres particulières regroupées dans un fuseau, dit neuromusculaire. Ces fibres intrafusales ont une portion centrale sensible à l’étirement. Cette partie est appelée Récepteur Annulo-Spiralé, car autour d’elle s’enroulent les terminaisons de longues fibres nerveuses, les fibres Ia, qui vont stimuler les motoneurones dans la corne antérieure de la moelle dès que le Récepteur Annulo-Spiralé est étiré, c’est-àdire quand le muscle est étiré.

Fig. 1: Le Fuseau Neuromusculaire

le fuseau neuromusculaire - myothérapie et cervicalgies

Les motoneurones ainsi stimulés vont provoquer la contraction du muscle, aboutissant à son raccourcissement. Une fois celui-ci obtenu, le muscle n’étant plus étiré, le réflexe cesse normalement de lui-même.

Fig. 2: Le réflexe Myotatique

Le réflexe Myotatique (stretch reflex)

Nous avons dit que l’intensité de la contraction réflexe est proportionnelle à l’intensité de l’étirement. C’est ce qui permet au muscle de protéger une articulation en cas de trauma. Que se passe-t-il lors d’un choc ? Un os est soudainement déplacé par rapport à l’autre os avec lequel il forme l’articulation : celle-ci est donc subitement mobilisée et certains muscles vont être brusquement étirés. Ici intervient donc le réflexe myotatique : les muscles étirés se contractent de façon réflexe, ce qui leur permet de résister au traumatisme. (Un peu de la même façon que quand on tombe on contracte de façon réflexe tous les muscles du corps.) Et plus le choc est intense, plus la contraction réflexe est forte : étant donc parfaitement adaptée à l’intensité du choc, elle est efficace pour protéger l’articulation de la dislocation (sauf bien sûr si le choc est d’une intensité dépassant les capacités de contraction du muscle, ce qui est heureusement relativement rare).

contraction de protection

à suivre…